
Jean-Louis de Nogaret de La Valette
Jean-Louis
de Nogaret de La Valette (1554 – 1642), fils
de Jean de Nogaret de la Valette, seigneur du Château de Caumont en Languedoc,
et de Jeanne de Saint Lary de Bellegarde, entame très tôt sa carrière militaire
(Mauvezin 1570 où il sauve son père, siège de La Rochelle 1573, Issoire 1577).
Devenu l’un des favoris d’Henri III qui l’honore de charges et de présents,
il cumule titres et attributions(dont il fera don pour partie à son frère) qui
lui permettent de posséder une fortune considérable : maître de camp du régiment
de Champagne (1579), gouverneur de la Fère (1580), colonel général de l’infanterie
(1581), premier gentilhomme de la Chambre (1582), gouverneur du Boulonnais et
de Loches, de Metz et du pays messin, de la citadelle de Lyon (1583), chevalier
des Ordres du roi (1584), gouverneur de Provence (1586), Amiral de France (à
la mort du Duc Anne de Joyeuse), gouverneur de Normandie, de Caen et du Havre
de Grâce (1587).
Duc d’Epernon depuis 1581, il épouse en 1587 la riche héritière Marguerite de Foix-Candale dont il eut trois enfants : Henri, comte de Candale, Bernard, Duc d’Epernon et Louis, cardinal de La Valette.
Après l’assassinat d’Henri III survenu en 1589, il acceptera difficilement la prise du pouvoir par Henri IV mais honorera ses fonctions jusqu’à la mort de ce dernier, poignardé par Ravaillac, en mai 1610.
Ennemi de Concini qui assure la Régence avec Marie de Médicis, il est écarté du pouvoir.
A l’époque où Louis XIII, jeune roi de France fait arrêter et assassiner Concini (1617), il matera les insurrections huguenotes en Aquitaine et sera nommé gouverneur militaire de Guyenne en 1622.
Il s’établit alors au Château de Cadillac construit dès 1599.
Ses exécrables rapports avec Henri de Sourdis (frère et successeur du Cardinal François de Sourdis) qui demande son excommunication (1634) après que le Duc d’Epernon l’ai frappé en public, lui valent d’être exilé.
Il n’abandonna son rôle de gouverneur de Guyenne qu’en 1638 et mourut en disgrâce à Loches le 13 janvier 1642 à l’âge de 88 ans.
A lire: Un courrier autobiographique du Duc d'Epernon
Le Château dessiné
par l’architecte et sculpteur parisien Pierre Biard et dont la construction
débute en 1599, sous la direction des entrepreneurs Pierre Souffron puis Gilles
de la Touche Aguesse, est conçu à la hauteur des ambitions du Duc d’Epernon
: un palais destiné à accueillir le roi (Louis XIII, en partance pour
le Béarn y séjourne en 1620 ;
Louis XIV y sera accueilli quand il ira rejoindre
Saint Jean de Luz pour se marier avec Marie-Thérèse d’Espagne en août 1659).
Sculpteurs, ébénistes, tapissiers et peintres s’y succèdent jusqu’en 1639 pour donner une allure princière aux “ antichambre du roi ”, “ appartement de la reine ”, “ cabinet des rois et des reines de France ” et autres logis aux lambris peints, poutres moulurées, cheminées sculptées, ornés de grandes tapisseries aux scènes historiques, et pavés de marbre polychrome, carreaux de terre vernissée multicolores ou encore parquets de bois aux multiples essences.
De l’extérieur, l’imposante bâtisse, bordée par le ruisseau “ l’Euille ”, située à quelques centaines de mètres de la garonne, est protégée par de larges douves et des murs épais ornés, pour les pavillons, de statues et balcons ouvragés ; Et, dans ce cadre, c’est sans peine que l’on imagine la splendeur des jardins de l’époque.
Bernard de Foix de la Valette (1592 – 1661), second duc d’Epernon fut à son tour Gouverneur de Guyenne et poursuivit durant la Fronde, l’œuvre de « pacification » entamée par son père sans toutefois connaître le succès militaire de celui-ci. Il poursuivra les travaux au Château de Cadillac et fit construire dans la ville une orangerie et une glacière.
A la mort de ce
dernier, le Château changea de propriétaires qui en modifièrent l’aspect. Peu
à peu, il fut vidé de son contenu, pillé et dégradé pendant la Révolution. En
1818, il est racheté par l’Etat et devient une maison de détention pour femmes,
puis Ecole de Préservation.
Il sera en partie incendié en 1928 par les détenues.
C’est grâce au Ministère de la Culture, ayant repris le bâtiment alors qu’il avait cessé de servir de maison de détention en 1952, et à une association créée par Jacques D’Welles que le Château commença à renaître de ses cendres et témoigner de son passé glorieux.
Aujourd’hui, lorsqu’on le visite, les hauts plafonds nous chuchotent encore le crépitement des bûches dans les immenses cheminées sculptées et parées des plus beaux marbres, le tintement des verres, le grincement des parquets et les rumeurs de la Cour. Mais quand ils pleurent, maudissent ou hurlent avec des voix de femmes, on s’enfuit dans le jardin reconstitué pour reprendre nos songes, et plonger à nouveau dans les fastes des Ducs d’Epernon.
Photograhies:
1. Façade des jardins
2. Pavillon principal vu de la cour d'honneur
3. Les douves côté jardin
4. Cheminée avec tableau de Bernard de La Valette, second Duc d'Epernon
5. Plafond peint des appartements de Madame
6. Plafond du cabinet des rois et reines de France qui jadis abritait une galerie de portraits de souverains
7. Détail du plafond peint
8. Détail de cheminée
Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de la région Aquitaine
Services de documentation des Monuments historiques (CRMH)
et du Service régional de l’Inventaire (SRI)
54, rue Magendie
33000 Bordeaux
Tel : 05 57 95 02 02
Joël Perrin, conservateur de l'Inventaire: "Le Château de Cadillac"
Michel Suffran, "Epernon ou l'aigle à deux têtes", Editions de l'Orée - 1988
Hélène Tierchant, "Le Demi-Roi, Mémoires du Duc d'Epernon", Mollat Editeur - 1991
Bibliothèque Nationale de France - Gallica - Site: gallica.bnf.fr
Centre des Monuments nationaux: www.monum.fr
Château de Cadillac
Monument national
Renseignements:
Château de Cadillac
Centre des monuments nationaux
4 place de la Libération
33410 Cadillac
tél.: 05 56 62 69 58
fax : 05 56 62 60 73
Horaires:
du 1er octobre au 31 mai
de 10h00 à 12h30 et de 14h à 17h30
du mardi au dimanche
Fermeture hebdomadaire le lundi (sauf exeptions)
du 1er juin au 31 septembre
Ouvert tous les jours de 10h à 18h
Droit d’entrée:
Plein tarif : 4,60 €
Tarif réduit : 3,10 € (familles nombreuses, jeunes de 18 à 25 ans)
Tarif groupe : 4,10 € (groupe de plus de 20 personnes)
Gratuit pour les moins de 18 ans
Contact:
Onésime Schuler
Médiateur culturel
tél. 05 56 62 69 58
06 62 83 87 93