Colères de Garonne

 

Inondations de 1770

 Inondations de 1930

 

Sauvetage à Moissac - mars 1930

 

 

L'inondation de 1930

 

Les inondations du mois de mars 1930 dans le bassin Aquitain furent extrêmement destructrices et meurtrières. La montée des eaux du Tarn et de la Garonne, mais aussi de la Corrèze, du Lot et de l’Agout, surprit les habitants des communes voisines des fleuves et atteint des proportions insoupçonnées. Si par endroits les eaux ne firent que des dégâts matériels, on déplora de nombreuses pertes humaines comme à Moissac ou à Montauban dans le Tarn-et-Garonne. Le village entier de Reyniès (près de Montauban) fut même anéanti. L'Entre-deux-mers ne fut pas en reste et une grande partie des communes des bords de Garonne se retrouva vite sous les eaux. Il en fut de même pour la voie ferrée ; les eaux paralysèrent la circulation des trains entre Bordeaux et Cadillac.

 

Photo: Langon, route de Bazas - mars 1930

 

Le journal La Petite Gironde du 7 mars 1930 décrit l'Etat des communes sinistrées:

 

Langon“ A Cadillac, la plus grosse inondation du siècle: Jeudi matin, les eaux ont atteint 11 m . 77, à 10 heures, soit 30 centimètres de plus qu'en 1875. Le sol de la halle est recouvert par les eaux. La place du Châteaux, sur laquelle notre dépositaire avait installé un magasin de vente en plein vent ressemble à s'y méprendre au Marché neuf ou à la place Mériadeck, tant les inondés ont transporté de meubles, ustensiles et objets de toutes sortes. Le courant est d'une telle violence que, seule, la vedette des Ponts et Chaussées traverse le fleuve dont la berge gauche se situe maintenant à dix-sept kilomètres à l'ouest. La route de Saint Macaire est submergée au point que les eaux ont pénétré dans la chapelle des aliénés. Dans cet établissement aux quartiers très élevés, tous les pensionnaires sont en lieu sûr et largement ravitaillés. La décrue commencée à midi aujourd'hui semble devoir être lente ”. (...).

 

Photo: Cérons, face à Cadillac, sous les eaux - mars 1930

 

CéronsA La Réole, le 05 mars 1930, un correspondant raconte: “ La masse d'eau annoncée commence à arriver depuis mercredi matin. Il a été enregistré à l'étiage une montée des eaux de 30 centimètres par heure alors que la côte de 9 mètres est déjà dépassée. Et l'immense masse liquide qui couvre la plaine continue de s'étendre et ne cesse de monter. (...) On site (...) le cas de quelques entêtés qui, à aucun prix, n'ont voulu abandonner leur demeure. A l'heure actuelle, leur situation est des plus critiques. Les violents remous qui se sont formés empêchent toute communication avec eux, et l'eau monte toujours. L'eau charrie des objets de toutes sortes, des cadavres d'animaux, de nombreux objets d'ameublement, des meules de paille entières.(...) ”.

 

Les crues dans le sud-ouest qui durèrent une dizaine de jours et eurent un bilan déplorable. On compta des centaines de personnes noyées ou disparues, des troupeaux entiers de bétail décimés, des milliers de maisons éventrées et les équipements électriques, routiers ou ferroviaires malmenés. Pont du chemin de fer de la RéoleIl faudra une grande solidarité financière nationale et une énergie humaine considérable pour permettre aux régions touchées de réparer les dégâts des eaux et réhabiliter les voies de communication.

 

Photo: Niveau des eaux au 5 mars 1930 (1) sur le pont du chemin de fer de La Réole

 

 

 

 

Sources et ressources :

 

 

 

Inondations des années 1950-60

 

Liens directs vers les archives video de l'Institut national de l'audiovisuel contenant des séquences jamais diffusées

 

 

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